Topographie de l’oubli

Les archives contemporaine, côtoient des archives,abîmées, effacées. Correspondance entre une histoire collective et une histoire individuelle.

«Tout est parti de là. De ces lignes imprenables qui revenaient à moi, là où je cherchais, là où aveugle je traçais les traces d’une empreinte imprononçable. Il s’agissait bien de dire. Dans les gestes perdus qui s’accomplissent, qui se retrouvent, qui reviennent. Déroute signifiante, errance maudite.

Tout est parti de là. Du sillon creusé par les voix silencieuses inscrites dans le corps. Celui qui donne naissance, celui qui la poursuit.
La trace de l’errance des enfants qui héritent de la quête des passés.
Tout est parti de là.

Une topographie de l’oubli car c’est dans le relief des mémoires, que nous dessi- nons, nos courbes, nos passages, nos chemins.
De ce voyage j’ai reconnu les nœuds, lieux de la respiration où l’eau rassasie les faims marquées par le manque. Là où les coulées enchevêtrées marquent l’espace de la reconnaissance. Je me suis bien logée là, maintenant, je pourrai y revenir,

de toute manière j’y reviendrai. Cette fois-ci, j’apprécierai le parcours qui me mène jusque là. Les repères de la route, ils ne t’empêchent pas de marcher, ils agissent l’orientation.
Tout est parti de là. La trace là. L’empreinte là. l’oubli là. les chevêtres là. l’ampu- tation là. la disparition là. la cendre là. la désillusion là. le silence là. les sillons là. l’emblème là. le passage là. le vide là »