La nappe et le Territoire

La nappe et le territoire

Projet de création sur un territoire à l’invitation de Pronomade(s), CNAREP à Encausse les thermes.

Dans le cadre de l’accueil en résidence, d’Asile, Pronomade(s) à proposé à la compagnie de réaliser un projet avec une classe de l’école primaire de Saint Martory et le CADA du village.

C’est l’histoire de Saint Martory, un village de 900 habitants dans le Comminge qui par décret préfectoral accueille un CADA, un Centre d’Accueil de Demandeur d’Asile. Tout cela commence il y a 5 ans. 50 nouveaux habitants. 50 sur 900. Pour se donner une échelle de comparaison, c’est comme si 50 000 nouveaux habitants arrivaient dans une grande métropole comme Bordeaux en même temps. Un tornade ? Un événement ? Qu’est ce que cela change finalement? Au début, les voyageurs arrivent seuls, ils s’adaptent, il s’ennuient, ils n’ont pas le droit de travailler. Ils ont des enfants, commencent à les mettre à l’école, vont au bar, prennent le bus, marchent dans les chemins… doucement, ils habitent à Saint Martory. Comment se redessine le visage de ce territoire ? Comment se rencontrent-ils ? Pour quelle raisons le feraient ils ? Quelles espaces en commun pourraient-il exister ? Et même comment participer à inventer une culture commune ?

La nappe et le territoire est un projet de création pour un territoire. L’histoire commence par la rencontre entre une classe de CM1, CM2 de l’école primaire de Saint Martory, des personnes accompagnées par le CADA * et des cuisiniers de la village. A partir de cette rencontre nous inventerons des recettes communes, hybrides, métisses, des recettes qui s’inspirent des goût de « là-bas » et qui se fabriquent avec les ingrédients « d’ici » ou inversement… Une glace au piment ? Des frites de patate douce ? une boisson d’ibicus à la menthe de Saint

Matory… ? Par petit groupe, des recettes vont s’imaginer, s’expérimenter puis se déguster lors de 4 repas dressés sur une nappe toute particulière. Un nappe qui suivra chaque expérience. Après chaque temps de cuisine, nous raconterons l’histoire de ces recettes, des cuisiniers, nous nous documenterons, nous photographierons, nous dessinerons, nous constituerons des matériaux qui ensemble seront une cartographie sensible de cette rencontre, de ce nouveau paysage fait d’humain. La cuisine raconte alors un nouveau territoire, celui qui émane d’une rencontre entre des voyageurs cherchant un refuge et des habitants d’un village devenus prêt à les accueillir. Que reste -il de cette rencontre ? Du goût. Des visages. Des recettes et une nappe. Cette nappe singulière voyage de repas collectif en repas collectif et au fur et à mesure se tache. Chaque tache est gardée et à chaque nouvelle tablée une cartographie se dessine, miroir et trace de ce qui s’est partagé. Dans le même mouvement, un groupe d’enfant brode les taches de la nappe à chaque étape. Les premiers mangent, tâchent, usent, les seconds brodent le souvenir tout juste dégusté. Puis on échange les rôles. Petit à petit une nappe monde prend forme au fur et à mesure que les expériences gustatives et humaines sont vécues.

Nous parlons bien de cartographie de l’usage, nous gardons ce qui se vit.