Les sauvages

Héritages, références, continuité

Depuis environ 10 ans, les carnavals alternatifs se multiplient en Europe et font renaitre par les marges, un esprit du carnaval, qui mélange des éléments anciens et perdus de vue du folklore carna-valesque, tout en s’inscrivant dans des enjeux sociaux et politiques très contemporains. Certains d’entre eux se sont donnés le nom de : Carnaval sauvage. Défilé poétique qui va fêter la fin de l’hiver, il vise à inventer une tradition qui reflète quelque chose de ce que vivent ceux et celles qui le font, mais aussi à développer d’autres figures d’altérité lors de ces moments de transe collective qui s’élance dans les quartiers des villes.

Les sauvages s’invente dans la tradition énoncée ci dessus et, en filigranne se pose la question des identités de la marges. Qui est la marge ? Ne sommes-nous pas tous la marge d’un autre ? Où se trouve la frontière? Ne portons-nous pas tous un fragment de marginalité ? Comment inventer un temps collectif qui se glisse dans ces interstices où les différences sont mises de côté le temps d’un partage, d’un partage d’émotion, d’idées, d’une fête? 

Les sauvages se retrouve dans la continuité du travail de Sophie Fougy, plasticienne, membre de OLA qui expérimente cet univers au travers de la création de costumes et la réalisation de performances depuis de nombreuses années.

Les sauvages est un acte de joie, de révolte, une procession où tout le monde est fou, où tout le monde est décalé, où tout le monde marche, ensemble. Entre un carnaval et une fête de la saint jean, les sauvages  est un spectacle participatif, un rituel, qui se termine par l’embrasement d’une sculpture créée collectivement. Cette sculpture devient le symbole des maux dont on veut se débarrasser chaque année, un acte exutoire qui nous permet accueillir le renouveau de l’année, les belles saisons à venir. 

Les sauvages a reçu l’aide à l’écriture de l’OARA, office artistique de la Nouvelle Aquitaine

Costume crée par Sophie Fougy, performance réalisée par la plasticienne. Photo : Samuel Dystrak